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Dernières parutions

Racines de l’Amérique / Les Aymara et leur vision du monde

Thérèse Bouysse-Cassagne, Verónica Cereceda, Martha Hardman, Olivia Harris

Au cœur des Andes, à 4’000 mètres et plus, depuis des siècles, les Indiens Aymara survivent dans un milieu hostile envers et contre tout.

Ils ont su très tôt dominer l’altitude et le froid, maîtrise …

Au cœur des Andes, à 4’000 mètres et plus, depuis des siècles, les Indiens Aymara survivent dans un milieu hostile envers et contre tout.

Ils ont su très tôt dominer l’altitude et le froid, maîtriser le temps et l’espace, grâce à un système original d’agriculture « transcordillères » et d’échanges de biens. Pour former le grand corps de la communauté, ils ont imaginé, au sein d’une hiérarchie rituelle et métaphorique, une organisation duelle complexe, conciliatrice des contraires, destinée à assurer le nécessaire équilibre des forces en présence : ne s’agit-il pas, en effet, dans toute société, de dépasser les inévitables affrontements et d’assurer les équilibres à long terme ? A telle fin, les Aymara ont imaginé des procédés tels que le tinku, la lutte rituelle, l’ayni, l’entraide sous ses multiples formes, la redistribution des richesses par le biais d’un cursus réglant l’alternance dans l’exercice des responsabilités communautaires…

Passées l’expansion inka et l’instauration du Tawantinsuyu, l’empire des Quatre-Parties-Unies, à l’intérieur duquel ils bénéficièrent cependant d’un statut spécial, ils furent confrontés à la violence de la Conquête espagnole : alors que d’autres peuples furent soumis, voire disparurent dans les tourbillons de l’histoire, comment ont-ils pu traverser les siècles jusqu’à nous en maintenant une partie de leurs croyances, de leurs coutumes ancestrales et de leur organisation sociale ? L’étonnante permanence de leur cohésion culturelle et sociale demande à être expliquée.

Or, c’est sans doute dans leur vision du monde qu’il convient de rechercher l’explication de cette extraordinaire capacité de survivre et d’affirmer leur identité. Quelles structures profondes sous-tendent leur langue ? Quelles sont les racines mythiques de leur organisation sociale ? Quelles relations continuent-ils à entretenir avec leurs morts, avec les wak’a (leurs divinités que les extirpateurs d’idolâtrie ont tenté d’éliminer aux XVIe et XVIIe siècles), avec les principes « sauvages » et créateurs du « monde d’en bas » et la puissance ordonnatrice du « monde d’en haut » pour vivre en harmonie dans le « monde d’ici » ? En quoi le concept de pachakuti, le « retournement du monde », conditionne-t-il, ou reflète-t-il, leur vision de l’histoire ? Quelles relations enfin y a-t-il entre leur tissage et leur représentation du monde ? La beauté jouerait-elle un rôle de médiation ?

C’est à de telles questions que tentent de répondre les auteurs de ce livre en plusieurs approches complémentaires et passionnantes.

25€ / 32.- CHF
ISBN 978-2-88213-048-8

Les amants de Potosi / Manchay Puytu, chronique d’un amour que Dieu voulut occulter

Néstor Taboada Terán

Potosi : ses trente-trois églises, clochers et coupoles, à 4’000 mètres, sous le ciel immense des Andes ! Le jour y est le domaine des anges, la nuit celui des démons. En arrière-fond, immuable, le cône massif d …

Potosi : ses trente-trois églises, clochers et coupoles, à 4’000 mètres, sous le ciel immense des Andes ! Le jour y est le domaine des anges, la nuit celui des démons. En arrière-fond, immuable, le cône massif du Cerro Rico, la Montagne-aux-Larmes-d’Argent…

Entre réalité, mythe et fiction, nous voilà plongés d’emblée dans la société coloniale, haute en couleur, de cette Babylone des Andes où la Rome catholique impose le Christ aux anciens dieux de Cuzco et où se côtoient hidalgos, encomenderos, prêtres, juges et alguazils, créoles, indiens asservis, esclaves noirs, métis, prostituées, étrangers venus de tous les coins du monde…

Au cœur du roman, transcendant une célèbre légende du XVIIIe siècle, l’auteur met en scène l’amour tragique, vécu jusqu’aux frontières de l’impossible, d’un curé indien pour sa jeune servante. Le récit, d’un lyrisme poignant, s’entretisse dans la narration d’événements réels ou fantastiques et se déploie en une succession d’épisodes saisissants qui entraînent le lecteur dans un monde hallucinant, où se fondent réel et imaginaire, folie, démesure et réalisme, avec en toile de fond les gibets et les bûchers de l’Inquisition.

Susceptible de plusieurs lectures, emblématique de la société coloniale bolivienne, ce roman polyphonique, aux pages tour à tour épiques, picaresques ou intensément poétiques, est, à n’en pas douter, par sa puissance évocatoire et sa remontée aux sources d’une société métissée, une des œuvres majeures de la littérature latino-américaine.

16€ / 25.- CHF
ISBN 978-2-88213-047-1

Le réveil de Sara Chura

Juan Pablo Piñeiro

La Paz, en langue aymara Chuquiago Marca, métropole de l’Altiplano bolivien, retient son souffle. Veille de fête. Un détective débutant sort de chez lui pour se rendre auprès de Sara Chura, légendaire sumaj warmi, bel …

La Paz, en langue aymara Chuquiago Marca, métropole de l’Altiplano bolivien, retient son souffle. Veille de fête. Un détective débutant sort de chez lui pour se rendre auprès de Sara Chura, légendaire sumaj warmi, belle femme, symbole de fertilité, porteuse de toutes les mémoires, protectrice de tous les espoirs, tisseuse de destins. La nuit ne se passera pas sans prodiges. À l’aube de l’entrée du Christ du Grand Pouvoir dans la ville, l’effervescence, la pulsion urbaine saisissent César Amato courant après sa mission impossible. Égaré dans les rues transfigurées par la fête, affolé par le mystère des corps sous les masques et les costumes, étourdi de rencontres improbables dans les fissures du temps et de l’espace, où le conduira sa quête du cadavre-qui-respire, invisible héros de cette histoire ? Sur quels sommets, dans quels souterrains ? Dans quels rêves ? Qui est-il, ce pantin dépourvu d’expression ? Ce mannequin muet et fuyant ? D’où vient-il ? Du fond de quel passé ? De quel oubli ?

Sur un rythme de cumbia andine, armé d’humour et de tendresse, Juan Pablo Piñeiro danse avec ses lecteurs et ses personnages en constantes métamorphoses, dans la fièvre d’un événement révélateur des tensions, des attentes, de l’énergie d’un peuple qui se montre enfin.

C’est en effet avec une grande agilité narrative que ce jeune auteur structure son roman, tel un tissage andin. Entre cultures indigènes, influences de la modernité et clins d’œil à la littérature universelle, se dessine alors une hétérogénéité mouvante, fluide, un équilibre dynamique fait de liens et de paradoxes où, comme le rappelle l’une des figures-clés du roman, « chacune des créatures humaines est un nœud unique, sans égal, qui se fait dans le tissage du monde, mais le tissu n’appartient à personne, nous sommes tous semblables ».

19€ / 25.- CHF
ISBN 978-2-88213-051-8

La place du corps

Rodrigo Hasbún

« Pourquoi dessiner une vie ?
Le trait vient-il quand on le fait avec autant de désespoir ?
Le trait est-il plus important que ce qui est tracé ? »

Elena, abusée par son …

« Pourquoi dessiner une vie ?
Le trait vient-il quand on le fait avec autant de désespoir ?
Le trait est-il plus important que ce qui est tracé ? »

Elena, abusée par son frère lorsqu’elle était enfant et désormais âgée et malade, tente une plongée dans le maillage de sa vie en se proposant d’écrire ses mémoires. Servi par une écriture sobre et directe, ce texte poignant nous conduit pas à pas dans l’univers vacillant d’Elena qui porte un regard sans concession ni illusion sur sa famille, ses rencontres éphémères, ses attachements brisés, toujours à la frontière du dicible et de l’indicible.

Avec La place du corps, Rodrigo Hasbún fait le pari d’explorer l’intimité, les blessures, la solitude, les interrogations et surtout la sensibilité d’une femme qui, pour « sauver les choses du brouillard », s’acharne à vivre « pour écrire la vie bien qu’on ne la comprenne pas ».

16€ / 25.- CHF
ISBN ISBN 978-2-88213-050-1

CHANGEMENT D’AMBIANCE / Panorama de la jeune poésie bolivienne

Sélection, prologue et notes – Juan Carlos Ramiro Quiroga, Benjamín Chávez, Jessica Freudenthal

La poésie latino-américaine du XXe siècle était fortement enracinée dans la terre d’Amérique et centrée sur l’homme: célébration des paysage …

La poésie latino-américaine du XXe siècle était fortement enracinée dans la terre d’Amérique et centrée sur l’homme: célébration des paysages, évocation des grands ancêtres, voix africaines, contestation sociale et engagement politique, ouverture sur le monde, quête de l’identité, tels étaient quelques-uns de ses grands thèmes.

Les jeunes poètes boliviens présents dans cette anthologie ont grandi parmi les gadgets de la société de consommation, drogues comprises, et des avancées technologiques. Leur environnement familier est fait d’écrans de télévision, d’ordinateurs, de téléphones portables: ils ont des blogs, ils mettent leurs poèmes en ligne. Dans le cyberespace, où ils évoluent, chacun est devenu en quelque sorte un électron libre. Le monde kaléidoscopique de l’éphémère dans lequel ils sont nés, comment le vivent-ils?

Les tempéraments sont variés, les réactions aussi. De l’acceptation du monde tel qu’il change à la résignation ou à l’ironie, du jeu verbal pyrotechnique au scepticisme, de l’humour parfois grinçant à l’angoisse, ces jeunes nous parlent: sachons les écouter. Au-delà de la provocation, dans une langue directe, brute, elliptique, allusive, parfois proche du cri, à l’occasion surfant sur le silence, vous les découvrirez sans complexes, parlant de leur corps, de leurs états d’âme, de leur mal-être, de la banalité ou du vide de l’existence quotidienne.

Dans notre monde prétendu de communication et de progrès, n’est-ce pas finalement un sentiment de frustration, d’enfermement et de douloureuse solitude qui se dégage, le plus souvent en sourdine, de ces voix multiples? L’art reflète toujours l’esprit d’une époque: considérons l’image que ces jeunes poètes nous renvoient de la nôtre.

18€ / 24.- CHF
ISBN 978-2-88213-049-5